Vivre à crédit

Publié le 14 Juillet 2015

Vivre à crédit

Mes parents étaient de la génération qui économise avant d'acheter. Demander un crédit à la banque ou à un commerçant aurait été perçu comme un vrai déshonneur.

De l'exemple de mes parents, il résulte que je ne vis pas non plus à crédit, pas plus dans ma vie personnelle que dans la gestion de l'association que je préside. C'est sans doute vieux jeu mais c'est ainsi.

Nos achats d'aliments pour les chats sont payés "rubis sur l'ongle" même si parfois une grosse facture fait l'objet d'un règlement en deux chèques encaissés à quinze jours, voire trois semaines d'intervalle.

La clinique vétérinaire avec laquelle nous travaillons nous consent des tarifs très amicaux et nous envoie sa facture chaque fin de mois. Elle est payée dans les jours qui suivent. Si nous devons acheter un équipement supplémentaire, nous attendons d'en avoir les moyens. Nous fonctionnons ainsi depuis vingt cinq ans.

Si, tout à coup, l'envie me prend d'écrire sur ce sujet c'est que je suis souvent agacée de voir, sur Facebook, des responsables d'associations de protection animale publier leurs factures impayées, envoyer des signaux de détresse et annoncer la fin imminente de leur activité si les dons, réclamés "à cor et à cri", ne rentrent pas !

<<Que vont devenir les pauvres animaux qui comptent sur nous ? bla bla bla ...>> A tort ou à raison je ressens ces appels larmoyants comme une sorte de chantage.

Je ne doute pas de l’honnêteté de ces responsables associatifs mais je doute de leurs capacités à gérer un budget. Toutes et tous, nous devons faire face à des coups durs, des frais vétérinaires imprévus.

Pour la première fois, je vais, moi aussi, vous montrer une facture récente ...

Vivre à crédit

Voilà un exemple de coup dur. Dimanche matin 28 juin, je m'aperçois que Tigrou ne parvient pas à uriner. Il se pose dans le bac à litière, en ressort, se pose ailleurs, n'importe où, revient dans le bac à litière. Un morceau de sopalin placé sous sa queue me permet de constater qu'il ne sort pas une goutte d'urine. Je vois bien qu'il souffre et je sais aussi qu'un blocage urinaire peut avoir des conséquences dramatiques.

Le seul recours c'est de le conduire en urgence dans une clinique vétérinaire qui accueille les animaux tous les jours, vingt quatre heures sur vingt quatre. Le vétérinaire de garde sait très bien ce qu'il convient de faire et m'annonce qu'une hospitalisation, sous perfusion, avec une sonde urinaire pendant quarante huit heures sera nécessaire. Le coût de cette hospitalisation sera de l'ordre de huit cents euros.

- "Et encore - ajoute-t-il - ceci dans le meilleur des cas. Si ces soins sont insuffisants, il faudra envisager de pratiquer une uréthrostomie".

Si vous ignorez de quoi il s'agit, je vous laisse le soin de le découvrir sur Internet .... Moi je connais bien cette intervention pour l'avoir déjà fait subir à Pastel, Mimi et Moka.

Pour en revenir à cette facture, vous remarquerez que cette clinique nous a généreusement accordé une remise de 20% bien que nous ne soyons que des clients occasionnels : toujours en cas d'urgence quand notre clinique partenaire est fermée.

312 € représente la cotisation annuelle de dix adhérents !

L'adorable TIGROU au ronronnement surprenant, câlin comme pas deux, vivait en danger près de la gare d'Arpajon. Il est avec nous depuis janvier 2009  car aucun adoptant ne veut un chat porteur du virus FIV.
L'adorable TIGROU au ronronnement surprenant, câlin comme pas deux, vivait en danger près de la gare d'Arpajon. Il est avec nous depuis janvier 2009  car aucun adoptant ne veut un chat porteur du virus FIV.

L'adorable TIGROU au ronronnement surprenant, câlin comme pas deux, vivait en danger près de la gare d'Arpajon. Il est avec nous depuis janvier 2009 car aucun adoptant ne veut un chat porteur du virus FIV.

Tigrou n'est pas resté 48 heures dans cette clinique, dès le lundi matin je l'ai transféré chez nos vétérinaires habituels. Il y est resté jusqu'au vendredi après-midi... Il y aura donc une autre facture à acquitter pour les soins de Tigrou.

Le dernier coup dur est encore plus récent. Hier soir je découvre Volute à demi dissimulée sous un buisson. Elle est maigre, sa gueule est noire de terre, peut-être aussi de sang, son poil est hirsute. Habituellement elle ne se laisse pas attraper mais hier je peux la prendre dans mes bras pour la rentrer dans la chatterie, elle me griffe tout de même un peu.

Il est 18 heures 45, nous sommes le 13 juillet, la clinique de la Gribelette ferme à 19h30 mais demain est un jour férié... Que faire ? Je suis totalement angoissée, je vais tout de même tenter ma chance/la chance de Volute à Morsang sur Orge. Aurélie, l'infirmière m'explique qu'il y a encore quatre ou cinq personnes dans la salle d'attente. Elle va consulter le Docteur CAUDE. Je comprendrais bien qu'elle ne puisse recevoir Volute. Isabelle CAUDE a droit aussi à des jours de congés, elle n'est pas Superwoman, elle a une famille, des enfants ! Pourtant elle donne son accord. Oui, elle va s'occuper de Volute.

VOLUTE en 2005

VOLUTE en 2005

VOLUTE belle et rebelle, capturée chaton au mois de septembre 2004 à l'hôpital de Dourdan, n'est jamais devenue sociable.

VOLUTE belle et rebelle, capturée chaton au mois de septembre 2004 à l'hôpital de Dourdan, n'est jamais devenue sociable.

Volute avait été capturée avec sa mère et son frère Viking. Si le jeune mâle, devenu très vite, câlin et sociable, a été rapidement adopté, ainsi que leur mère, Volute est restée une sauvageonne, difficile à attraper, impossible à soigner à moins de la maintenir dans une cage pour lui administrer des médicaments écrasés dans une pâtée qu'elle aime. C'est ce qui a pu être réalisé au mois d'avril après un passage chez notre vétérinaire qui a dispensé des soins pour des problèmes dans la bouche. Récemment encore je suis parvenue à lui faire prendre des antibiotiques spécifiques aux affections buccales. Elle maigrissait, avait-elle des difficultés pour manger ?

Quelle est la cause de l'état lamentable dans lequel je l'ai trouvée hier ? Le Docteur CAUDE, après l'avoir examinée a pris la peine de m'appeler pour me donner des nouvelles : température très basse, 34 °, déshydratation sévère. Volute a été mise sur une bouillotte, sous perfusion...Je ne crois pas qu'elle s'en sorte. Aujourd'hui, elle aura reçu des soins... J'en saurai plus demain matin.

Quoi qu'il en soit, je remercie du fond du cœur le Docteur CAUDE pour sa gentillesse et son implication dans nos sauvetages.

Alors, comme les autres responsables associatifs qui essaient tant bien que mal, de secourir des animaux en détresse, nous avons besoin d'argent. Certains de nos adhérents nous envoient fidèlement leur chèque de cotisation depuis 25 ans pour une petite poignée d'entre eux.

Cette année, à moitié passée, 25 des adhérents qui avaient cotisé en 2014, ne nous rien envoyé. Comme les autres responsables je m'inquiète et je sais que nous ne nous chargerons pas de nouveaux animaux si l'argent ne rentre pas.

Il y a quelques années nous avons eu, grâce à des rentrées d'argent exceptionnelles, la possibilité d'ouvrir un livret, mais la somme qui y a été déposée s'épuise ...

Aujourd'hui il me semble plus important de continuer de nourrir la centaine de chats qui comptent sur nous, dans le parc de Bligny, chez Yvette à Dourdan, chez Yvonne au Val Saint Germain et, les plus nombreux, chez moi et de soigner ceux d'entre eux quand ils en ont besoin, que d'entreprendre de nouveaux sauvetages qui mettraient en péril l'existence de notre association.

Des chats en état de souffrance, il y en a partout, nous ne pouvons pas faire plus. Les humains dans leur grande majorité sont insupportables, irresponsables, égoïstes, sans compassion pour les animaux, c'est ainsi, il faut faire avec.

Pour finir je souhaite m'adresser aux nombreuses personnes qui suivent ce blog. Je ne parle pas des amis, souvent des adhérents qui se sont inscrits pour recevoir la "Newsletter" et être informés dès la parution d'un nouvel article.

Je pense à ces personnes dont le nom m'est inconnu, qui ont elles-mêmes un blog et qui peuvent lire nos articles dans leur "Reader". Ils sont de plus en plus nombreux ces "suiveurs", je souhaite les remercier de l'intérêt qu'ils portent à nos modestes publications et les prier de faire un geste pour nous aider. C'est très simple, notre adresse figure à l'accueil du blog. En échange de leur chèque de soutien, ces nouveaux amis recevront un reçu qui leur permettra d'obtenir une réduction fiscale à hauteur de 66 % de la somme versée.

Merci à tous de m'avoir lue jusque là et merci de l'aide que vous voudrez bien nous apporter.

Rédigé par Monique

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J
Disons que les personnes qui gèrent l'asso en connaissent les limites et la gèrent au mieux et au plus juste. Mais comme vous on n'est pas à l'abri d'un coup dur et de frais soudains et non prévisibles et là, il faut tenter de faire face comme on peut ... Vous voyez bien de quoi je parle, hélas !<br /> Encore une fois, bon courage et je vous souhaite que les gens qui ne sont pas en vacances se manifestent pour vous aider.
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J
Vie difficile pour toutes nos petites associations, pas évident de gérer des budgets. On essaie de faire comme vous, pas de crédits et n'engager que les sommes dont nous disposons..<br /> Allez on va croiser les pattes pour un peu d'aide pour vous, si de bonnes âmes vous lisent et ne sont pas en vacances !
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M
Je vois que vous êtes aussi un Sage. J'ai encore pensé à ce financement des associations et à leurs capacités d'agir. Association veut bien dire "mettre en commun", des idées, des moyens financiers, des activités et tout ce qui peut servir à l'accomplissement de l'objet... Aussi il me semble que les associations devraient se limiter à ce qu'elles peuvent entreprendre en considérant l'apport de tous les membres. Nous devons tendre à augmenter le nombre de nos membres et tenter de les fidéliser. <br /> Personne n'aurait l'idée d'inviter à dîner un grand nombre d'amis pour s'apercevoir, une fois qu'ils sont tous arrivés, qu'il n'y a pas assez à manger et de se mettre à faire la manche en réclamant de la nourriture...peut-être aussi des chaises pour les asseoir et des assiettes dont on manque !