Le mystère du chat roux
Publié le 14 Octobre 2015
Vous connaissez le roman de Gaston Leroux, "Le mystère de la chambre jaune", nous avons un mystère aussi épais à éclaircir, celui du chat roux !
Je vous l'ai déjà raconté, dimanche 4 octobre, nous avons recueilli un chat en piteux état, trouvé dans le jardin d'un habitant de notre village, Fontenay-les-Briis.
Comme j'avais prévu de le faire s'il était encore en vie le lendemain, je l'ai transféré, avec sa perfusion et sa fiche clinique, à la Clinique vétérinaire de la Gribelette de Morsang-sur-Orge.
Ce chat représentait un vrai problème. La personne qui me l'a apporté m'avait signalé s'être fait mordre quand il avait saisi le chat pour le faire entrer dans la trappe de capture que je lui avais prêtée, l'animal étant incapable d'y entrer seul. Par chance, ce Monsieur avait pris la précaution de porter des gants en cuir que les dents du chat n'avaient pas traversé.
Il n'en restait pas moins vrai que ce chat inconnu, son tatouage ne permettant pas de retrouver son propriétaire ni de connaître son passé, sa provenance, présentant des symptômes neurologiques importants et ayant eu le réflexe de mordre pouvait être suspecté d'être porteur de la rage.
Personne ne plaisante avec une suspicion de rage. A son arrivée à Morsang-sur-Orge, le malade à été placé en isolation et ceux qui le manipulaient portaient des gants. Les deux ou trois jours suivant n'ont vu aucune amélioration de son état. Notre chat ne s'alimentait pas, il restait couché sur le flan, incapable de réguler sa température corporelle, dépendante du tapis chauffant branché en permanence.
Il recevait une double antibiothérapie, des doses importantes de cortisone, indispensable pour lutter efficacement contre cette encéphalopathie, et d'oxygénateur cérébral.
Combien de temps pouvions nous le garder ainsi sans que les soins dispensés ne soient qualifiés d'acharnement thérapeutique ? Si son euthanasie devait être envisagée, il faudrait préalablement obtenir l'autorisation de la DDPP - Direction Départementale de la Protection des Populations.
La DDPP reprend pour l'essentiel les missions de la Direction Départementale des Services Vétérinaires (DDSV) et de la Direction Départementale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DDCCRF).
Étant donné la suspicion de rage, la DDPP pourrait prescrire l'analyse de l'encéphale réalisée dans un laboratoire spécialisé. Si la mort du chat intervenait naturellement dans les quelques jours à venir, la déclaration devrait aussi être faite à la DDPP. Si, par malheur, il s'avérait que l'animal était mort de la rage, une enquête sanitaire serait menée pour retrouver toutes les personnes et les animaux susceptibles d'avoir été en contact avec lui.
Il m'est arrivé de penser que j'avais mis notre Association dans une vraie galère. Notre village ayant contracté une convention avec la SACPA (la fourrière) j'aurais pu conseiller à la famille qui avait découvert le chat, de contacter la Gendarmerie, laquelle aurait prévenue la SACPA qui serait venue chercher l'animal dont nous n'aurions plus entendu parler.
Mais...plusieurs de nos Administratrices étaient présentes à la brocante de Briis-sous-Forges. J'ai pris soin de leur demander leur avis avant de me charger du chat. Ces dames sont comme moi, elles ont pensé que l'intérêt de notre association était de faire intervenir la SACPA mais ce qui nous importait, c'était l'intérêt du chat. Étant donné l'urgence des soins qu'il devait recevoir nous avons estimé qu'il était préférable que nous le prenions rapidement en charge sans autres tergiversations.
Nos vétérinaires ne sont pas du genre à baisser rapidement les bras, chaque jour ils ont décidé d'allonger le délai de grâce du malade qui devrait bien finir par réagir aux soins. Dimanche, le Docteur Grosset m'a appelée pour me donner des nouvelles -stationnaires- Le positif c'est que chaque jour qui passait éloignait la suspicion de rage, le chat vivait sans présenter la moindre agressivité, les symptômes neurologiques ne s'aggravaient pas. Nous voulions tous croire qu'il allait s'en sortir !
Lundi 12 octobre, c'est Fleur, l'adorable auxiliaire vétérinaire, qui m'a appelée pour me donner la grande nouvelle : le chat s'était redressé dans la position du sphinx et s'alimentait ! C'est encore Fleur qui m'a envoyé la photo ci-dessus.
Aujourd'hui je suis allée à la clinique et j'ai vu notre protégé. Il n'a plus besoin de tapis chauffant, il mange, il ronronne, sa tête ne dodeline plus comme elle le faisait il y a encore quelques jours. Il est très réactif, il lève la tête quand on lui parle... il va s'en sortir !
Ce matin nos vétérinaires ont contrôlé l'état de ses reins compte tenu du risque présenté par la prise de cortisone. Les analyses sont satisfaisantes, il supporte bien son traitement. Demain ou après demain nos vétérinaires décideront si je peux le ramener chez moi sachant qu'il devra encore prendre des médicaments et être stimulé pour l'inviter à se mettre debout sur ses pattes et, pourquoi pas, marcher !
Je ne peux terminer ce petit post sans dire toute ma gratitude à la formidable équipe de la Clinique Vétérinaire qui s'occupe de nos chats depuis vingt cinq ans.
Bien sûr, il va falloir trouver un beau nom pour notre miraculé. Le Docteur Grosset m'a promis de trouver celui qui convient le mieux et, par expérience, je lui fais confiance !
P.S. Le tatouage de ce chat est tracé dans son oreille gauche (inhabituel) sur trois lignes :
première ligne : 2 lettres
deuxième ligne : 3 chiffres
troisième ligne : 1 lettre
Si quelqu'un a une idée pour en trouver la provenance, merci de prendre contact avec nous.