Un jour on pleure, un jour on rit
Publié le 2 Janvier 2018
Quand on s'investit dans le domaine de la protection animale on s'expose à de gros chagrins et parfois, heureusement, à des petits bonheurs.
Pour le premier jour de l'année, j'ai voulu vous raconter une histoire qui connaît une fin heureuse. Celle de Maéza.
Je dois aujourd'hui vous en raconter une autre, une de celles qui font pleurer.
Vendredi 22 décembre, au cours de sa tournée de nourrissage des chats du parc de Bligny, Marie-Dévote a rencontré un chat noir apparemment en mauvais état. Elle a bien essayé de l'attraper, sans succès. Deux jours plus tard, Michèle est partie à la recherche de ce chat qui devrait sans doute être conduit chez nos vétérinaires. Elle l'a vu mais n'a pas, non plus, réussi à le capturer.
Jeudi 28, c'était au tour de David de distribuer la nourriture à nos chats. Cette fois, le pauvre animal est entré sans difficulté dans la trappe de capture que David avait pris soin de déposer au début de sa tournée. Ce soir là, en revenant d'une visite chez nos vétérinaires, j'ai découvert le chat, objet de toutes nos inquiétudes, dans ma chatterie où David était venu le déposer.
Il était, comme tous les chats qui vivent à la rue, effrayé et plutôt agressif. J'aurais bien voulu examiner le côté droit de sa tête, là où le poil est collé, dissimulant peut-être une blessure. Il avait bien trop peur pour me laisser faire.
Qui était-il ? Un nouvel arrivant ou un des chats noirs à poils longs capturés, stérilisés et identifiés ces dernières années ? En attachant le lecteur de puce électronique sur un baton, je m'assurai qu'il n'était pas identifié, du moins pas de cette façon là. S'il était tatoué, seul le vétérinaire pourrait nous le dire, une fois le chat endormi.
Vendredi j'envoyai une photo de ce chat capturé à nos vétérinaires en leur disant mon inquiétude, nous étions si proche du long week-end du 1er janvier. Qui et quand quelqu'un pourrait-il s'occuper de lui ?
En fin d'après-midi je le conduisis à la clinique, soulagée de n'avoir pas à attendre mardi matin.
Samedi, le Docteur Thibault avait pu l'identifier, c'était bien Chanel dont l'âge avait été estimé à cinq ou six ans quand il avait été stérilisé en 2014.
Même s'ils disposent d'un abri et qu'ils reçoivent régulièrement une nourriture de qualité, les années passées dehors comptent double pour ces chats... Le vétérinaire m'affirma qu'il n'y avait aucun espoir de le sauver et que la seule chose à faire pour lui, c'était de lui éviter de se réveiller de son anesthésie.
Pauvre Chanel qu'il avait fallu sortir de sa cage à l'aide d'un lasso, aurait été impossible à soigner même si les résultats des analyses et des examen n'avaient pas été aussi catastrophiques.
Il est toujours très difficile de prendre la décision de mettre fin à une vie, fut-elle celle d'un chat que l'on connaît à peine. C'est une grande chance de pouvoir faire confiance à une formidable équipe vétérinaire que nous ne remercierons jamais assez pour leur soutien indéfectible.
CHANEL a rejoint le paradis des chats.




