Les bêtes à chagrin
Publié le 19 Mai 2018

J'ai vécu la majeure partie de ma vie avec des chats, et ça ne date pas d'hier ...
Chaque fois qu'un de nos chats partait vers les étoiles, ma maman essayait de me consoler et arrivait toujours à cette constatation, les chats sont des bêtes à chagrin !
Je confirme ce que disait ma maman et ce chagrin, je l'éprouve toujours de la même façon quand je vois mourir un des chats que j'ai soignés et aimés.
Nallah avait été trouvée avec sa fratrie, dans une poubelle aux Ulis, au mois d'octobre 1997.
Si, au contraire de ses deux sœurs, elle n'a séduit aucun adoptant, c'est à cause de son strabisme ! Alors, Nallah est restée près de moi. Quelque deux ans plus tard j'ai remarqué qu'elle perdait ses poils, l'intérieur de ses cuisses devenait glabre. Le vétérinaire à qui je l'ai montrée, m'a tout de suite indiqué que c'était là une conséquence du stress.
Du stress ? Nallah serait-elle stressée ? Mais pour quelle raison ?
- C'est votre stress qu'elle ressent...
J'avais récemment vécu un événement douloureux et je n'allais pas très bien. Quand je me suis décidée à me faire aider et que les anti-dépresseurs ont produit leur effet, les poils de Nallah ont repoussé. On ne le sait pas toujours mais les chats sont à notre écoute, ils ressentent nos émotions, Nallah m'en a donné à cette occasion une belle démonstration.
Les années ont passé, il a fallu lui enlever des dents....un jour elle a souffert d'insuffisance rénale puis, plus tard, d'hyperthyroïdie. Les médicaments adaptés et l'alimentation spéciale lui ont permis de vivre normalement. Depuis un peu plus d'un an elle avait perdu la vue mais comme elle connaissait parfaitement le lieu où elle vivait, sa cécité se remarquait à peine. Elle savait trouver le canapé où je m'asseyais et grimpait facilement sur mes genoux pour se faire câliner.
Nallah a eu vingt ans, je savais bien qu'un jour elle disparaîtrait mais je ne voulais pas y penser. Le 4 avril j'ai trouvé des flaques d'urine largement teintées de sang : Nallah souffrait d'une grave infection urinaire. Elle a été hospitalisée. Dans l'après-midi elle allait déjà mieux, les antibiotiques avaient fait merveille, notre petite Nallah dévorait sa gamelle. Elle resterait hospitalisée encore un jour pour de nouveaux examen. Mais au matin, nos vétérinaires l'ont découverte avec un œil gravement blessé, elle s'était gratté et cet œil était perdu.
Par téléphone, ce 5 avril j'ai dû décider entre l'euthanasie et l'énucléation. J'ai choisi la vie et je l'ai ramenée à la maison deux jours plus tard. Doucement, pendant les dix jours suivant son état s'est peu à peu dégradé et le 17 avril il a bien fallu la laisser partir avec l'aide de notre vétérinaire si compatissant, si réconfortant. Ce jour là j'ai pensé très fort à Boston... Boston, lui aussi gravement insuffisant rénal depuis la fin de l'année 2016 et à qui je faisais des perfusions deux, voire trois fois par semaine depuis plusieurs mois.
Je me sentais malade à l'idée que bientôt c'est Boston que je devrais aider à partir. Comment ignorer sa perte de poids et d'appétit ?
Pendant des années Boston est resté distant, voire inapprochable mais depuis qu'il était souffrant il était devenu le chat le plus tendre, le plus facile à soigner, acceptant sans broncher, sans bouger les perfusions et la prise quotidienne de médicament. Après chaque soin nous partagions un grand moment de tendresse, il me donnait des coups de tête affectueux en ronronnant et je voulais oublier à quel point il était malade.
Je vous l'a déjà raconté dans un article intitulé "ces chats qui me donnent des insomnies", au mois de mars Boston a subi une chirurgie et le "bobo" qui a été retiré sur sa patte s'est révélé être un ostéosarcome qui assombrissait un peu plus son avenir.
L'appétit de Boston étant ce qu'il était devenu : capricieux, je ne lui présentais plus que la nourriture qu'il aimait, sans me soucier si elle convenait à l'état de ses reins. Pour vérifier s'il mangeait (et éviter que d'autres ne lui volent le contenu de son bol) je le laissais enfermé dans une cage. Tard, si sa gamelle était vide, ou presque, je le libérais. Au matin, dès l'ouverture de la chatterie, il était toujours le premier à courir vers le jardin. Au premier rappel je le voyais revenir, il avalait quelques croquettes "RENAL" et retournait se coucher.
Le 18 avril, le lendemain du "départ" de Nallah, sa gamelle était pleine quand j'ai ouvert sa cage. Il n'avait rien mangé. Comme d'habitude, il s'est précipité dehors pour faire son tour de jardin en restant à portée de voix. Au premier rappel, il est revenu mais n'a toujours pas voulu manger. Un peu plus tard il a encore demandé à sortir. Je ne l'ai pas revu. Les heures et les jours suivants je l'ai cherché partout, en vain. Il y a maintenant plus d'un mois que Boston est brutalement sorti de ma vie, sa mort ne fait aucun doute mais je ne peux m'empêcher de regarder vers le jardin pour guetter son retour. Le cœur a ses raisons que la raison ignore.
Ce 18 avril est un jour à marquer d'une pierre noire car c'est ce jour là que nous avons appris le décès de notre ami Christophe.
Jackson 7 octobre 2014 et 4 mai 2018
Jackson avait été recueilli par notre association le 10 juillet 2014. Nous le savions depuis le jour où il avait été castré, Jackson était séropositif (FIV +). Ce chat baroudeur était tout sauf docile. Axel qui avait en charge l'entretien de la chatterie et accessoirement le nourrissage des chats, s'était pris d'affection pour Jackson et multipliait les petites attentions qu'il avait pour lui.
Sans nul doute les bâtonnets de surimi qu'il lui apportait chaque matin ont largement contribué à faire de Jackson un chat fréquentable. A force de patience et de gentillesse, Axel a réussi à l'intégrer dans la grande famille de nos chats.
JACKSON la terreur des filles -
10 juillet, appel de Danielle S.
http://les.amis.des.chats.de.bligny.overblog.com/2014/07/jackson-la-terreur-des-filles.html
Au mois de février 2015 notre chat a subi une chirurgie impressionnante... l'article et les photos, très "parlantes" se retrouvent dans les archives de ce blog.
Au mois de mars il a bien fallu admettre que Jackson avait maigri et qu'il semblait triste, une visite chez nos vétérinaires s'est imposée. C'était probablement une histoire de dents qui le faisaient souffrir. Un détartrage, une prise d'antibiotique et un léger apport de corticoïde devraient permettre à notre chat de retrouver la pêche !
Cette légère amélioration fut malheureusement de courte durée. Retour chez nos vétérinaires le 9 avril pour, cette fois, procéder à l'ablation de deux molaires. Le 11 avril, Jackson était de retour à la maison avec une ordonnance, nouvel antibiotique et cortisone étaient au menu.
Inexorablement j'ai vu Jackson perdre complètement l'appétit. Sur les conseils de notre vétérinaire je lui ai fait, à lui aussi, quelques perfusions qui devraient l'aider. En quelques jours je l'ai vu "fondre". J'ai tout essayé pour stimuler son appétit, le thon et les sardines pour chat, les petites mousses appétissantes. Je suis allée acheter pour lui quelques boites de Recovery ... Rien, il ne voulait rien avaler ! Samedi 5 mai j'ai repensé aux bâtonnets de surimi qu'Axel lui avait fait découvrir, je lui allée en acheter. Il a tout refusé.
Dimanche 6 mai au matin je l'ai vu aller s'isoler dans un abri qui se trouve dans l'aire de jeux des chats, ce n'était d'ailleurs pas la première fois que je l'y avais découvert. A 15 heures sa température corporelle n'était plus que de 35°4. J'ai passé le reste de la journée à essayer de le réchauffer avec une bouillotte. Tout cela a été fait en vain. Jackson s'est "envolé" à une heure du matin le 7 mai.
Si Axel me lit, je sais qu'il va partager la peine que j'éprouve en vous écrivant ces dernières mauvaises nouvelles. Désolée Axel ...
OUI, aucun doute, les chats sont des bêtes à chagrin.




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