Connaissez-vous le C.H. de Bligny ?

Publié le 15 Avril 2020

Voici l'écrin dans lequel nos chats vivent en paix depuis les trente dernières années, grâce à qui ?? 

 

A NOTRE ASSOCIATION BIEN SÛR ! 

 

Au début de ce mois d'avril, généreusement le C.H. de Bligny a ouvert ses portes pour accueillir des malades atteints par le Coronavirus pour lesquels il n'y avait plus de place à Paris.

 

Dans son émission Sept à Huit, des 2 et 3 avril, Harry Roselmack nous a présenté le personnel qui adapte les locaux, qui repousse les murs dans un effort commun pour réussir l'accueil ce ces patients. 

 

Ces deux reportages sont probablement encore visibles sur MyTF1 en replay. 

Les Amis des Chats de Bligny, d'aventure en aventure. 

 

C'est au printemps 1990 que j'ai appris que des chats, initialement abandonnés dans le parc de cet hôpital y étaient empoisonnés quand ils s'étaient reproduits en trop grand nombre. On peut imaginer que les bagarres liées à leur reproduction, l'odeur forte de l'urine des mâles non castrés, avaient de quoi indisposer les patients et la Direction de l'établissement. 

 

Oui mais la Loi n'autorisait pas leur destruction de cette manière cruelle. Légalement ces chats auraient dû être capturés et conduits en fourrière pour y être récupérés par un éventuel propriétaire. 

 

Depuis février 1986 on ne plaisantait pas avec les animaux errants. Le département était officiellement déclaré contaminé de rage : Ci dessous extrait d'un article paru dans "Le Républicain le 15 mai 1986, signé par mon ami Christian Porte. 

 

Les animaux payaient un lourd tribut à l'apparition de cette terrible épizootie. Les renards étaient pourchassés et exterminés sans pitié : 

<<La préfecture de l'Essonne  communique cet extrait de l'arrêté préfectoral n° 86-1200 du 16 avril 1986 relatif à la lutte contre la rage et à la destruction des renards : 

Afin d'enrayer  l'épizootie de rage, des opérations de destruction des renards  doivent être réalisées  sur les terrains de toutes natures du département.

Les propriétaires, possesseurs ou fermiers de terrains, à l'exception des terrains bâtis, cours et jardins attenant  à des habitations et les titulaires du droit de chasse, sont tenus de permettre l'accès à ces terrains aux fonctionnaires et agents des services désignés par l'autorité administrative, aux lieutenants de Louveterie , aux gardes de l'ONF ainsi qu'aux personnes chargées d'effectuer ces destructions ou d'en contrôler l'exécution. 

Ces opérations  de destruction peuvent être réalisées  de jour ou de nuit , y compris par temps de neige et comportent, notamment, le tir au fusil, le gazage des terriers et le déterrage.

Il est précisé, en outre, que les demandes d'intervention  doivent être adressées en mairie. >

Le Républicain  du 15-5-86

 

 

Depuis 1983 j'étais "entrée en protection animale" en rejoignant  l'ARPA (Association Rissoise de Protection des Animaux). Les chats que j'avais trouvés dans mon jardin en venant habiter l'Essonne étaient stérilisés, tatoués et vaccinés contre tout, y compris la rage pour les protéger contre cette maladie qui était réapparue dans Est de notre pays depuis quelques années. 

 

Très vite je m'étais émue en apprenant que les animaux errants conduits en fourrière y étaient systématiquement euthanasiés à moins d'être réclamés par leur propriétaire qui n'avait pas l'obligation d'avoir fait vacciner son animal contre la rage, cette vaccination n'étant pas obligatoire.

 

Je m'étais rapprochée de l'Institut Pasteur pour tenter de comprendre les raisons de cette obligation d'euthanasier les animaux errants. 

 

Cette réponse m'a été faite lors d'un entretien téléphonique

Je n'ai rien négligé pour comprendre cette épizootie, j'ai lu tout ce qui me tombait sous la main ; un ami m'a offert le livre le plus complet qui soit, un cadeau magnifique  :

J'en ai fait mon livre de chevet.
J'en ai fait mon livre de chevet.

J'en ai fait mon livre de chevet.

Dans le but de convaincre les propriétaires d'animaux de les faire identifier et vacciner contre la rage, j'avais rédigé un article destiné aux Adhérents de l'ARPA : <<La RAGE : une réalité qui ne doit pas faire peur>>. Pour être sûre que j' avais "tout bon", j'avais soumis mon texte au Docteur J. Blancou, Directeur du CENTRE D'ÉTUDES SUR LA RAGE ET LA PATHOLOGIE DES ANIMAUX SAUVAGES à Malzéville (54220). 

 

Après plusieurs échanges de courrier en novembre et décembre 1986 mes idées sur le sujet étaient devenues assez claires. 

Aussi au printemps 1990 j'ai compris qu'il ne serait pas facile de faire admettre à la Direction du C.H. de Bligny que les méthodes employées depuis la création de cet établissement -à l'origine un sanatorium- pour régler le problème de la surpopulation féline n'étaient pas les bonnes.  Je devais affûter sérieusement mes arguments. Il faut se souvenir que le département était toujours contaminé de rage depuis quatre ans. Capturer un animal "errant" pour le stériliser, l'identifier et le vacciner contre la rage avant de le relâcher était formellement interdit. Les proposer à l'adoption était également interdit. 

En 1987 j'avais intégré le Conseil d'administration de la Confédération Nationale -à l'époque des SPA de France - devenue "Défense de l'animal".  C'est sur le papier a en-tête de la Confédération que je rédigeai le courrier de demande de rendez-vous au Directeur de l'hôpital de Bligny.  La personne qui m'avait alertée m'avait bien recommandé de ne pas la citer car nourrir les chats sur le site était aussi interdit, des sanctions étaient prévues pour les contrevenants. 

 

Clairement le médecin Directeur et le Directeur administratif m'assénèrent toutes les objections possibles. D'ailleurs la décision finale appartiendrait, précisèrent-ils, au Président de l'association gestionnaire du Centre médical de Bligny. 

 

Dans les jours suivants je préparai un dossier aussi complet que possible pour répondre à toutes les objections qui m'avaient été faites. 

 

En parallèle je pris rendez-vous avec la Directrice des Services Vétérinaires de l'époque (maintenant DDPP). Sans surprise je l'entendis me rappeler la rage... les interdictions...la Loi... Je mis en avant les résultats satisfaisants de la vaccination des renards par voie orale : mon projet étant de constituer une barrière sanitaire contre la rage directement inspirée de l'action des DSV en faveur des renards. Vous l'avez compris, depuis quatre ans j'avais mémorisé tous les arguments pour convaincre du bien fondé de l'action de sauvegarde des chats que je souhaitais entreprendre. Il valait mieux stériliser les chats, les vacciner contre la rage plutôt que de laisser proliférer des animaux non vaccinés entre deux déchatisations. 

 

A bout d'arguments, la Directrice me fit comprendre que son accord était tacite et qu'elle ferait connaître discrètement sa position au Directeur du C.M. de Bligny. 

 

Informé de mon projet, le Docteur vétérinaire Raymond Hugonnet  (conseiller général du Canton de Limours de 1982 à 1993). me rendit visite pour tenter de me dissuader : <<Mon projet insensé nour ferait courrir un grave danger, de plus tatouer les chats ne servirait à rien car un tatouage dans l'oreille s'efface en quelques années....>>

 

Au mois de juillet 1990 notre association fut créée. La première chatte capturée fut appelée VICTOIRE

Victoire à son arrivée  et après quelques mois de convalescence
Victoire à son arrivée  et après quelques mois de convalescence

Victoire à son arrivée et après quelques mois de convalescence

Première niche/cantine que nous avons eu l'autorisation d'installer, tombée en morceaux après 15 ans

Première niche/cantine que nous avons eu l'autorisation d'installer, tombée en morceaux après 15 ans

Les jeunes générations de protectrices qui s'occupent de nos jours des chats "du dehors" n'ont, pour la plupart, pas connaissance des difficultés que nous, les "pionniers" avons connues et surmontées. 

 

Aujourd'hui elles connaissent d'autres obstacles : le confinement !  Le découragement face à tous les inconscients qui continuent de laisser venir au monde des chatons en surnombre. Les actes de cruauté commis envers ces chats dont la vie est déjà si précaire. Il faut être jeune et pleine d'enthousiasme pour ne pas baisser les bras. 

 

Bien que le C.H. de Bligny soit fermé aux visiteurs, les nourrisseurs des chats du parc ont reçu l'autorisation de poursuivre leurs tournées car le Directeur est une personne généreuse qui comprend les besoins des chats. 

 

Après la naissance de notre association, il aura fallu attendre encore six ans avant que le département de l'Essonne ne soit déclaré indemne de rage ... tout n'est pas devenu beaucoup plus simple pour autant. Le délai de garde en fourrière fut porté, au plan national, à cinquante jours !! Une folie dénoncée par l'ensemble de la protection animale. 

 

Mais ça c'est une autre histoire !

Rédigé par Monique

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M
Madame Arens, <br /> La nuit porte conseil, si bien que je me suis réveillée ce matin avec la réflexion suivante : Qui sauve un chat, sauve la douceur et la gentillesse, n'y a t'il pas "chat" en chatcun de nous. Par conséquence, quand nous faisons du mal à la douceur et la gentillesse n'est ce pas faire mal à une partie de nous même ???
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M
Madame Arens, <br /> Bravo pour votre détermination et votre courage. Tous ces matous ne peuvent en coeur, vous dire merci, mais simplement affectueusement MIAOU pour tout votre dévouement. Sauver un chat c'est assurément sauver la douceur et la gentillesse. A mon tour permettez moi de vous dire un grand merci.
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M
Merci pour votre gentil message Mathilde. A l'époque, trouver le moyen de sauver ces animaux était une évidence. Même si nous ne vaccinons plus les chats contre la rage, j'ai tenu à ne pas modifier l'objet de l'association, en souvenir des difficultés des débuts. D'autre part, pour modifier l'objet, nous devrions réunir une Assemblée générale extraordinaire, publier la modification au J.O.... 30 ans déjà !
J
Très intéressant votre article. Complet et "historique". J'ai appris beaucoup concernant la rage en prime et les difficultés que cela a impliqué.<br /> J'imagine les problèmes des débuts.et ce qu'il a fallu surmonter.<br /> Et merci à la direction de l'hôpital de vous laisser aider les minous. Chez nous c'est plus compliqué mais l'hôpital est en première ligne avec souvent une population accueillie particulière, donc on comprend et on fait avec.
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M
J'ai vu que chez vous, à l'hôpital de Perpignan, le nourrissage ne peut être effectué que par Irène. Encore heureux qu'elle soit sur place pour travailler. C'est vrai que les débuts de notre association n'ont pas été facile du fait de la rage. Qu'allions nous faire des chatons qui étaient nés avant nos premières interventions ? Organiser des journées d'adoption n'était possible qu'avec l'accord préalable de la DSV à laquelle nous devions présenter des Certificats d'abandon ... tous étaient des faux ! En effet pour faire vacciner nos chats et chatons nous devions connaître leur passé sanitaire. Les "abandonneurs" devaient certifier que leur animal n'avait ni mordu, ni griffé, etc. Personne n'est mort ! Courage à vous !