Pour nos chats : Collier ? Harnais ?
Publié le 2 Septembre 2024
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Nous l'avons souvent publié :
les colliers sont dangereux pour nos chats, quant aux harnais ils ne garantissent pas leur sécurité quand ils ne constituent pas un vrai danger. D'autres associations ont tiré le signal d'alarme avec des photos très explicites. En voici un exemple ...
Le harnais vous semble assurer une meilleure sécurité... Votre chat ne risque pas de s'étrangler ? Bien sûr que non puisque vous tenez fermement la laisse qui va avec le harnais !
Pour toujours le port du harnais me rappelle Lili, une jolie petite chatte noire et blanche... J'ai raconté son histoire dans
"La Lettre des Amis des Chats de Bligny" N°6
du mois d'octobre 1995.
La voici....
Lili est née dans une pauvre grange, sur un mince lit de paille. Enfin... c'est ce que j'imagine, car c'est dans cette grange qu'elle habitait quand nous l'avons rencontrée. Elle partageait l'existence précaire d'une bonne vingtaine de ses congénères qui ne demandaient qu'à se multiplier. C'est la raison pour laquelle, le Maire du village avait sollicité notre aide.
Comme elle n'était pas la plus farouche du groupe, nous n'avions pas eu trop de difficultés à la capturer et très vite elle était devenue sociable, affectueuse même dès qu'elle accordait sa confiance. Elle était mignonne Lili, - c'est Marie , un e "Junior" de l'association qui lui avait trouvé ce joli nom - Sa robe noire et blanche lui dessinait un petit capuchon qui s'arrêtait juste au dessus de ses yeux, ses pattes étaient gantées de blanc.
Après quelques semaines passées en ma compagnie, nous avions décidé qu'elle méritait un foyer confortable, et qu'elle ne retournerait pas dans la pauvre grange d'où nous l'avions sortie. Aussi, le 22 janvier 1993, je fus très heureuse de la confier à une famille sympathique, séduite par son charme. Comme d'habitude, je fis toutes les recommandations susceptibles de calmer mon inquiétude : en premier lieu, ne pas la laisser sortir dans le jardin avant qu'elle ne soit bien habituée à sa nouvelle maison. Puis, j'appris le projet que faisaient ses nouveaux maîtres de partir prochainement aux sports d'hiver, Lili devant être du voyage. Je leur conseillai l'achat d'une grande cage de transport au fond de laquelle ils pourraient disposer un petit bac à litière, car un chat fait rarement ses besoins en bordure d'une route, comme pourrait le faire un chien. Il fut aussi convenu que Lili ne sortirait pas du chalet pendant le séjour à la montagne.
C'est seulement à leur retour de vacances que les nouveaux maîtres de Lili nous apprirent qu'il y avait eu "un problème". Au cours du voyage, animés des meilleures intentions, ils avaient passé un harnais à la jeune chatte - qui découvrait pour la première fois, cette contrainte- et, la retenant avec une laisse, ils avaient ouvert la portière de la voiture, l'invitant à sortir sur une aire de repos de l'autoroute. Sans doute affolée par l'animation de ce lieu inconnu, la timide Lili se dégagea en quelques secondes du harnais et s'élança vers les arbres. Son maître eut le réflexe de la poursuivre et de la plaquer au sol. Lili retrouva on instinct de félin et lui mordit profondément la main. Elle trouva refuge sous un buisson pour reprendre haleine, sa maîtresse se rapprocha d'elle et l'appela doucement. Un instant on crut qu'elle allait se laisser prendre dans les bras, mais, les pupilles largement dilatées par la peur, elle s'enfuit à nouveau, fit un bond vers un arbre et se retrouva en quelques secondes à plusieurs mètres du sol, hors d'atteinte. Aucune supplication ne la fit redescendre. On apporta une échelle de la station service voisine, hélas, trop petite pour atteindre la pauvre Lili, complètement paniquée. Les pompiers furent appelés à la rescousse. Avant qu'ils n'arrivent, Lili avait réussi à sauter dans un arbre voisin, à regagner le sol et à s'enfoncer plus profondément dans le bois.
Ce n'est qu'après cinq heures d'efforts pour la retrouver que les maîtres de Lili comprirent qu'ils devaient continuer leur voyage sans elle. Ils laissèrent leur adresse et le numéro de tatouage de la chatte à la station service et à la Gendarmerie, au cas où quelqu'un l'apercevrait.
Leur récit nous bouleversa. Ainsi, nous avions retiré Lili d'une grange, certes bien peu confortable mais qui constituait un abri rassurant, pour la jeter dans un lieu inconnu et inhospitalier, d'autant plus qu'il avait neigé sur tout le secteur quelques jours après qu'elle se soit enfoncée dans les bois.
En consultant une carte, je notai que la ville la plus proche de l'aire de repos où Lili s'était perdue, était Bligny sur Ouche. L'idée me vint d'appeler la Directrice de l'école, elle m'apprit qu'elle accueillait dans son établissement, tous les enfants des villages avoisinants. Compatissante, elle offrit son concours et m'assura de celui des enfants pour lancer les recherches. Rapidement, les maîtres de Lili qui reprenaient espoir, préparèrent des "Avis de Recherche" dont ils envoyèrent un gros paquet à la Directrice de l'école. Ils furent partagés entre tous les enfants qui les affichèrent chez les commerçants, sur les portes des églises, dans les Mairies... Les merveilleux enfants n'avaient plus qu'une idée en tête : retrouver Lili dont ils connaissaient par cœur la description et le numéro de tatouage. Beaucoup entraînèrent leurs parents dans les bois, dans l'espoir d'être celui ou celle qui la découvrirait, et qui la réconforterait après une si pénible épreuve.
Comme moi, vous pensez qu'un tel élan de solidarité doit nécessairement amener un heureux dénouement à cette triste histoire. Jugez par vous-mêmes : presque un mois après sa fuité éperdue, Lili fut retrouvée à l'entrée d'un village, elle avait parcouru quelque dix kilomètres à travers la forêt enneigée. On la découvrit, couchée sur la bas-côté de la route, immobile. J'aurais aimé vous dire qu'elle était seulement endormie, mais cette histoire n'est pas un conte de fée. Quelques gouttes de sang avaient séché sur ses narines et Lili ne respirait plus. Une voiture avait dû la heurter et la tuer. Avec beaucoup d'émotion, les enfants placèrent son petit corps amaigri dans une boite et l'enterrèrent dans le jardin d'une famille accueillante.
Trois ans plus tard, chaque fois que je retourne dans la pauvre grange, nourrir les quelques chats qui n'ont pas eu la chance d'être adoptés, j'ai toujours une petite morsure au coeur en pensant à Lili et je suis sûre qu'il en est de même pour toutes celles qui l'ont connue.
EPILOGUE : Bien des années ont passé, trente et un ans mais je n'ai jamais oublié Lili. Avec l'assurance et l'expérience acquises après tout ce temps, je sais qu'aujourd'hui je ne confierais pas un chat à qui que ce soit dans de telles conditions. Les adoptants devraient attendre leur retour de vacances.
Pardon Lili.