Bonne chance petite Holly
Publié le 9 Juin 2013
Pour dire la vérité, j'hésite souvent avant de rendre un chat à la liberté après que nous l'ayons fait stériliser et tatouer. La question ne se pose pas quand il s'agit d'un chat adulte, en bonne santé, manifestement inadapté à la vie en société humaine et qu'il est rendu au territoire qu'il connaît, où il trouvera abri et nourriture.
Le 22 mai j'ai relâché Holly capturée le 20 février alors qu'elle avait trois mois et demi à quatre mois. A cette époque elle était évidemment trop jeune pour être stérilisée et rendue à la liberté mais je ne suis pas parvenue à la socialiser, mais alors, pas du tout !
Après trois semaines d'enfermement au cours desquelles j'ai tout essayé en vain, j'ai ouvert la cage qu'elle partageait avec sa soeur Hippie.La sauvageonne n'a pas tardé à filer dans l'aire de jeux (où elle disposait de nourriture) pour ne plus rentrer dans la chatterie - du moins à ma connaissance -. Je n'avais pas non plus pu déterminer son sexe car elle ne s'est jamais laissée toucher.
Le temps passant j'ai réalisé que ces deux chats capturés le 20 février pourraient bien être un mâle et une femelle et chacun sait que dans le monde des chats un frère et une soeur peuvent donner naissance à des chatons si on leur en laisse le loisir !
Par chance c'est le chat au sexe indéterminé qui s'est laissé prendre dans la trappe disposée dans l'aire de jeux des chats et ce n'est qu'après l'avoir anesthésié que le vétérinaire m'a demandé, le 7 mai, de choisir un nom de CHATTE. Elle s'appellera Holly.
Pendant les deux semaines qui ont suivi son opération j'ai encore tenté d'en faire une chatte apte à vivre près des humains, sans plus de succès.
Mon inquiétude c'était qu'après trois mois elle ne reconnaisse plus le site où je l'avais capturée, où elle était peut-être née. Oui je dis bien "peut-être" car il n'est pas impossible qu'elle y ait été abandonnée par des maîtres assez lâches pour ne pas s'encombrer de chatons qu'ils ont laissés naître et dont ils se déchargent sur notre association.
Comme je ferai plus tard pour Moumoute, j'ai choisi un jour ensoleillé pour la reconduire à Bligny. Avant d'ouvrir la cage de transport je lui ai montré l'environnement, anxieuse de voir sa réaction. Aurait-elle peur ? Allait-elle filer droit devant elle sans rien reconnaître ?
A peine avais-je ouvert la porte de la cage qu'elle s'est précipitée... où ? Directement dans un vide sanitaire par le soupirail duquel je l'avais vue sortir trois mois plus tôt.
Longue vie à toi petite Holly, je croise les doigts pour que tu n'aies pas à payer trop cher le prix de ta liberté.
J'entends parfois des "connaisseurs" me dire que n'importe quel chat, pourvu qu'on s'en donne la peine, peut être apprivoisé. Ils me font bien rire.
6 mai, la veille de son passage chez notre vétérinaire... Est-ce un mâle ? une femelle ? C'est un chat toujours aussi paniqué !



