Encore des naissances évitées
Publié le 29 Mars 2013
"Ceux de Bligny" restant définitivement sourds à toutes nos tentatives pour les intéresser au sort des chats qui vivent sur leur lieu de travail, nous avons réamorcé nos trappes de captures sans leur aide. C'est ainsi que Hortense et Hirsute ont eu la désagréable surprise de se retrouver nos prisonnières juste pour avoir été trop gourmandes et pas assez méfiantes. Elles sont maintenant estampillées "Amis des Chats de Bligny". Ces deux chattes qui se préparaient à repeupler le site ont subi une ovariohystérectomie en plus d'une visite médicale en règle : dents, oreilles, test de dépistage des maladies félines et bien sûr elles ont reçu une dose de vermifuge.
Dix jours de convalescence, bien au chaud, bien nourries mais pas du tout contentes de bénéficier du confort moderne offert par la maison. J'ai choisi une matinée ensoleillée pour leur rendre la liberté là où elles avaient été capturées.
La belle Hortense qui à l'air bien gentille, mais ne vous y fiez pas, elle a le coup de patte facile !
Même si, comme je vous le disais, "Ceux de Bligny" ne veulent rien faire et refusent de mettre la main à la poche pour payer vingt sept euros de cotisation à notre Association, certains ou certaines restent attentifs à nos faits et gestes. Je pense inutile de préciser que les cotisations et les dons de nos adhérents sont utilisés pour payer les honoraires des vétérinaires et acheter de la nourriture haut de gamme et pas pour financer des colloques dans des Châteaux-Hôtels ou de coûteuses revues.
Le 15 mars, à force de patience, Anne-Laure a capturé un bel animal gris et blanc, sale comme un peigne et très mécontent de se retrouver derrière les barreaux. A peine était-il installé dans une cage que le téléphone a sonné. Mon interlocutrice s'est présentée comme étant une personne de Bligny. Elle me reprochait d'avoir capturé une chatte privant ainsi des chatons de leur mère ! C'est bien là notre angoisse : A cette époque de l'année bien des chattes ont mis bas et leurs chatons introuvables risquent de mourir de faim sans leur mère. Il faut comprendre qu'il peut se passer quelques jours avant qu'un chat nouvellement capturé ne soit accueilli chez le vétérinaire. Il nous est impossible d'examiner un ventre pour vérifier l'état des mamelles ni même de savoir si l'animal capturé est un mâle ou une femelle. C'est seulement quand il/elle sera endormi(e) sur la table de chirurgie que le vétérinaire verra si une chatte est allaitante.
Au cours de cette conversation j'ai pu établir que les chatons dont il était question sont probablement sevrés depuis longtemps et qu'ils ne souffriront pas de l'absence de leur mère pendant une semaine ou deux. Bref cette dame m'a clairement fait comprendre qu'elle s'inquiétait du sort que nous réservons aux chats capturés et m'a reproché de les mettre en prison alors qu'à Bligny ils sont tellement bien en liberté ! Fort aimablement j'ai proposé à cette personne de venir vérifier la qualité de l'hébergement des chats à mon domicile. Allez savoir pourquoi, elle m'a raccroché au nez !
La chatte a été déposée chez le vétérinaire de Morsang-sur-Orge avec une liste de trois noms : un commençant par la lettre E (Elisa), un autre par F (Fraulein) ou enfin la lettre G (Girolle), le vétérinaire étant chargé d'estimer l'année de naissance. Pour ceux qui n'auraient pas compris, nous attribuons à nos chats un nom commençant par la lettre de l'année de naissance. Ceux de l'année 2012 s'appellent Haddock, Hortense, Hirsute ...
J'avais heureusement pris soin de préciser <<au cas où cet animal serait bien une chatte>>. Le soir, quand je suis allée la chercher j'ai été accueillie avec des sourires et le Docteur Caude m'a annoncé que "ma chatte" s'appelait maintenant ELY ! Eh oui, la mère que nous avions arrachée à ses petits est un mâle !


