Intégration réussie
Publié le 18 Juillet 2013
Non mais ... de quoi croyez-vous que je vais vous parler ?
De l'intégration des chats sans maîtres que les municipalités auront choisi de laisser vivre sur leur territoire, bien sûr !
On l'a vu dans un article précédent, depuis la promulgation de la loi du 6 janvier 1999, les Maires ont cette possibilité. La loi n'en fait pas pour autant une obligation, il ne faut pas l'oublier et agresser le Maire de votre Commune s'il a choisi de faire procéder à la capture de chats "errants" pour qu'ils soient conduits en fourrière.
Il y a des années j'étais allée à Montpellier à l'occasion d'un Congrès organisé par notre Confédération Nationale des SPA de France et j'avais visité le refuge de la SPA de cette ville. A l'époque, mais ce n'est peut-être plus le cas étant donné l'accroissement de la population (257 351 habitants au recensement de 2010, en 20 ans 50 000 personnes s'y sont installées), la Municipalité avait conclu un contrat de fourrière - rémunéré au nombre d'habitants- avec cette SPA locale. En clair, la ville faisait capturer les animaux errants soit par ses services techniques, soit par une société spécialisée et les animaux étaient accueillis dans les locaux de la SPA qui se trouvait avoir ainsi deux activités bien distinctes : Refuge et Fourrière, les animaux de ces deux catégories étant hébergés dans des locaux séparés, registres des mouvements étant aussi bien distincts.
Comme dans toutes les fourrières, un examen des animaux était effectué. Pour ceux qui avaient la chance d'avoir une identité, leurs maîtres étaient recherchés et prévenus, les animaux étant conservés à la disposition de leur propriétaire pendant les délais légaux.
Il y a de nombreux parcs à Montpellier : plus de 180 espaces verts, parcs municipaux et squares. La grande majorité des animaux qui y étaient capturés était des chats, évidemment non tatoués. Que faire de ces animaux terrorisés par leur capture, qui apparaissaient alors comme de véritables chats "sauvages" ?
La loi donne aux gestionnaires de fourrière qui deviennent propriétaires des animaux non réclamés, la possibilité de les confier à titre gracieux à une association qui gère un refuge. Ainsi, à Montpellier, le passage des chats d'une structure (fourrière) à l'autre (refuge) pouvait se faire aisément. Le problème c'est que les chats "sauvages" conservaient trop souvent des comportements qui n'incitent personne à les adopter !
A cela s'ajoute le fait que les refuges débordent d'animaux jeunes, sociables qui n'ont pas l'air de clochards aux oreilles fendues et au poil terne. Alors que faire de ces laissés pour compte que personne ne voudra jamais adopter ?
Madame Guyot, la Présidente de cette époque aimait beaucoup les chats et elle savait qu'il en était de même pour moi. C'est avec beaucoup d'émotion qu'elle m'a alors révélé qu'au courant de l'année précédente, trois mille cinq cents chats capturés en ville avaient été euthanasiés ! Quel choc ! Quel autre choix avait-elle ?
Cette gentille Présidente a tout de même ajouté que parfois des petits groupes de nourrisseurs se présentent et viennent réclamer les chats dont ils ont pris la charge. Leurs protégés leur sont alors restitués, stérilisés et identifiés, avec l'engagement qu'ils seront régulièrement nourris le plus discrètement possible et dans de bonnes conditions d'hygiène.
A mon retour en Essonne j'ai évoqué cette conversation avec une autre responsable de notre association qui s'est dite outrée, révoltée !
-"Honteux ! scandaleux ! comment peut-on se prétendre Présidente d'une SPA et tuer autant de chats ?
- Que pouvait-elle faire d'autre ? Qu'auriez-vous fait à sa place ?
- Je ne sais pas, mais j'aurais trouvé une autre solution !
- Ah oui ... laquelle ?? "
A court d'arguments, cette généreuse protectrice n'a rien trouvé de mieux que de partir en claquant la porte, convaincue que j'approuvais l'euthanasie de ces pauvres chats.
Si la Ville de Montpellier avait un budget pour la capture des animaux errants et pour faire fonctionner la fourrière, aurait-elle eu les moyens de financer la stérilisation/identification d'autant de chats ? Aurait-elle eu le désir de les voir revenir après leur opération sachant que de nouveaux abandons et naissances auraient lieu et que les "trappeurs" de chats ne peuvent pas sélectionner les animaux à capturer et ceux à laisser sur place. Et tout cela pour leur offrir quelle sorte de vie ?
L'intégration réussie, titre et objet de ce billet, ne peut concerner que des petites populations de chats, pas trois mille cinq cents !
Après l'Egypte, après le Moyen-Age, et plus tard après l'envahissement de l'Europe par les rats, le chat, une nouvelle fois, est au croisement de son destin...
Puissent les hommes de demain considérer sa présence silencieuse à nos côtés et la chaleur de son discret attachement comme un luxe aussi précieux à notre vie de citadins que l'est une fleur dans un vase pour "l'environnement du coeur !"
Fernand MERY (1897 - 1984)
Membre de l'Académie Vétérinaire de France
Où et comment réaliser cette intégration pour qu'elle soit réussie ?
Capturer les chats, les stériliser, les identifier et les remettre sur leur territoire d'origine après quelques jours de convalescence sans se préoccuper de leur sort n'est pas la solution.
Comme je l'ai indiqué dans l'article où j'ai évoqué les chats "de la discorde" de Bondoufle il est indispensable que la Ville ou une Communauté de Communes soit partie prenante et qu'un accord soit passé avec une association de protection animale et des vétérinaires qui accordent des tarifs préférentiels.
Je l'ai déjà écrit, dans l'idéal la Ville met un local à disposition de l'association de protection animale pour la convalescence des chats et l'accueil d'éventuels adoptants pour les plus jeunes et les plus familiers.
Et les autres, ceux qui résistent à la socialisation ?
La collectivité qui a déjà fait ce choix généreux pourrait ensuite s'enorgueillir d'apporter à ces animaux "du dehors" et à ceux qui se désespèrent de les voir dans une situation précaire, une solution honorable : installer un chalet hôtel-restaurant, type abri de jardin, muni de chatières, entouré d'un enclos grillagé équipé à sa base d'ouvertures qui ne laisseraient que le passage des chats et d'une porte cadenassée pour éviter autant que faire se peut des intrusions malveillantes.
Cette structure légère serait installée dans un espace vert de la ville et ce lieu deviendrait le point de rencontres amicales de ceux qui ont à coeur d'offrir une vie décente aux chats. A l'intérieur de l'enclos des étagères permettraient le repos des chats en plein air et en sécurité tout en leur laissant le loisir de goûter à la vraie liberté en dehors de l'enclos avec la petite part de risques que cela comporte. A la belle saison, ces animaux paisibles offriraient aux personnes qui fréquentent également cet endroit un spectacle réconfortant dans une ville ainsi humanisée.
Les modalités de fonctionnement : distribution de la nourriture, nettoyage et entretien de la structure et le rôle de chaque partenaire : responsables associatifs, bénévoles, services techniques, seraient étudiées cas par cas.
Il ne manque plus à ce chalet dans son écrin de verdure que deux chatières et un enclos "perméable" aux chats (photo d'illustration)

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