CHAMALLOW est parti ...
Publié le 17 Octobre 2014
Dans un article du 22 janvier 2014, intitulé "Il y a celles qui les aiment et ...celles qui ne les aiment pas" je vous ai raconté le sauvetage des chats qui vivaient sous une caravane à la sortie d'un hameau de Roinville-sous-Dourdan, au printemps 2010. Cette commune appartient sans aucun doute à la deuxième catégorie.
Le dernier que nous avions réussi à capturer était ce malheureux chat, lourdement handicapé, avec de grosses difficultés pour se déplacer et ne voyant plus que d'un oeil. Les examens avaient révélé qu'il n'avait pas été victime d'un accident mais que son handicap était congénital. Nous l'avons fait castrer et identifier et depuis lors il s'appelle Chamallow.
Notre pépère avait aussi un petit bobo sur le museau qui, au fil du temps, s'est peu à peu aggravé. Il fallait en avoir le coeur net, y avait-il un traitement à appliquer sur cette truffe ? La biopsie réalisée au mois de janvier 2014 a malheureusement révélé un carcinome épidermoïde. Pour en savoir plus, voyez ci-dessous :
Commentaire du laboratoire : Les carcinomes épidermoïdes correspondent à 15 % des tumeurs cutanées dans l'espèce féline. On les observe principalement dans des zones de peau peu ou non pigmentée. Il s'agit d'actinocancers. Les sites les plus souvent touchés chez le chat sont la truffe, les paupières et les pavillons auriculaires. Les carcinomes épidermoïdes localisés à la face présentent un caractère invasif localement, l'évolution métastatique est tardive, elle concerne les noeuds lymphatiques locorégionaux. Les carcinomes épidermoïdes sont des tumeurs radiosensibles.
16 janvier 2014... Il a fallu énucléer notre chat, son oeil ayant pris un vilain aspect. Le résultat de la biopsie réalisée sur sa truffe n'est pas encore arrivé ...
Bien que cette tumeur soit radiosensible, nos vétérinaires ont fortement déconseillé d'envisager une telle thérapie et cela pour plusieurs raisons : le coût prohibitif et l'état déjà dégradé de Chamallow. Chaque séance de radiothérapie aurait nécessité une anesthésie générale que notre patient n'aurait pas supportée. Je n'aurais d'ailleurs jamais voulu lui infliger pareil traitement !
Il m'a été reproché de soigner les chats que nous avons accueillis et qui n'ont pas pu retourner à leur vie de "chat libre" ! Je reviendrai sur cette intéressante question. Jusqu'où faut-il soigner les chats ? Faut-il les tuer quand ils sont malades ??
Pour en revenir à Chamallow, j'ai continué de le gâter, de le câliner comme il l'a été depuis le mois de mai 2010.
Dans la chatterie, Cathy et Fritz, ses deux compagnons de misère qui sont encore avec moi, n'ont jamais cessé de l'entourer, comme pour le protéger. Oui, les chats établissent des liens durables d'amitié, je l'ai maintes fois constaté.
Ce n'est pas toujours facile de décider à quel moment il convient de mettre fin à une vie. Le plus souvent je m'en remets à nos vétérinaires. Le 2 septembre, à l'occasion d'une autre consultation, j'avais montré Chamallow au Docteur Grosset qui avait estimé que notre chat ne souffrait pas bien que la tumeur ait progressé. Il mangeait de bon appétit, il ronronnait sous les caresses. Sa petite vie protégée pouvait se poursuivre...Mais le 8 octobre je n'ai eu besoin de personne pour voir que le moment était venu pour Chamallow de se reposer définitivement. C'est le Docteur Caude qui lui a administré la piqûre finale, avec toujours beaucoup de gentillesse.
Chamallow aura eu quatre ans et demi de bonheur, du moins si le bonheur pour un chat consiste à avoir le ventre plein, un couchage confortable, des personnes pour le soigner, le prendre sur les genoux, des copains pour l'entourer, un radiateur électrique contre lequel s'endormir l'hiver ...
Quand un animal meurt il reste un choix à faire : l'abandonner dans le congélateur du vétérinaire : il sera emporté pour l'incinération collective ou l'équarrissage lors de la prochaine collecte, quand le congélateur sera plein, l'enterrer avec ou sans boite ou le faire incinérer individuellement. C'est cette dernière solution que je choisis car je ne supporte pas l'idée qu'un animal que j'ai aimé soit évacué comme un vulgaire déchet.
Je fais en sorte que cette incinération individuelle ne représente pas un surcoût pour notre association. Pourtant ce choix m'a aussi été vivement reproché par la même personne qui a critiqué les soins dispensés à nos chats ! J'ajouterai que cette personne, proche de notre association n'a jamais accueilli un seul des chats capturés ni pour une convalescence, ni pour des soins, ni des chatons en attente d'adoption. Elle ne connaît pas les chats dont notre association s'occupe même si elle en aperçoit un de temps en temps quand elle effectue une tournée de nourrissage. C'est là toute la différence, moi je les connais, je leur consacre beaucoup de temps et je les aime.
Récemment, sur Facebook, je suis "tombée" sur un témoignage émouvant que je vous livre ci-dessous. Il m'a rassurée... si, en raison de mes choix, j'apparais comme une malade mentale, je ne suis pas seule dans ce cas ...
"Bonsoir, je suis la "propriétaire" de BBShah, qui a malheureusement été victime d'un accident de la route mercredi 1er octobre... J'écris ce message, en espérant que d'autres personnes qui le liront pourront éviter de faire la même erreur que moi : Mon petit chat, je l'ai aimé, et l'aime encore de tout mon coeur, toute mon âme. Je ne l'ai jamais fait identifier, et je le regrette amèrement à présent. Je n'étais pas tenue par la loi de le faire, du fait de son âge. Mais si j'ai bien compris une chose, c'est que si cela ne l'aurait pas empêché de se faire tuer, en revanche cela aurait permis à la mairie de me contacter. J'aurais pu le revoir une dernière fois, lui dire au revoir, et m'occuper de laisser son corps partir dignement. Au lieu de ça, j'ai appris son accident trop tard. Et son petit corps a été envoyé à l'équarrissage, où il a été broyé et brûlé, comme si cet animal que j'aime comme une maman, n'était qu'un objet ; il a subi le même sort que les déchets. C'est tellement inhumain, horrible, et tellement injuste. Je ne m'en remettrai jamais, et ne me le pardonnerai jamais. Alors aux personnes qui ont des chats non identifiés : faites-le, pour eux, pour vous."
Comme je vous comprends Madame !
